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Publié par ASSOSAKADO

Inès Bouhdid, étudiante en Licence Professionnelle Tourisme et développement à Foix (09) nous livre son expérience de ses 2 mois au Ghana.

Ines en mission au Ghana via SAKADOInes en mission au Ghana via SAKADO

Quelques mois avant mon arrivée, j’ai fait la rencontre de Pierre. Responsable à l’association SAKADO, que j’ai connu grâce à une annonce postée à L’ISTHIA. Après un bref entretien près du bus éco-partageur du CVESMP (Collectif des Voyages Equitables et Solidaires en Midi-Pyrénées) à Toulouse et la lecture de leurs brochures, j’ai fait mes premiers pas dans mon futur stage. Plusieurs missions me furent proposées dans diverses destinations d’Afrique de l’Ouest (Benin-Togo-Ghana). Ce sera le Ghana, pour la pratique de l’anglais, la dimension écotouristique de la mission et la découverte de la culture bien différente de la nôtre. Pierre me met en contact avec Cindy Nordemeler, une des deux responsables de Jolinaiko, le collaborateur des projets de tourisme communautaire de SAKADO. A partir de ce moment nous échangerons des mails afin d’éclaircir certains points sur mes futures missions, les papiers à remplir, les problèmes rencontrés.

Après calcul, Cindy m’a envoyé une fiche détaillée des charges (hébergement, transport, pick-up à l’aéroport) assez tôt ainsi que des missions à effectuer et les délais. J’ai ainsi put avoir une idée de mon budget et m’organiser.

Ines en mission au Ghana via SAKADOInes en mission au Ghana via SAKADOInes en mission au Ghana via SAKADO
Ines en mission au Ghana via SAKADOInes en mission au Ghana via SAKADOInes en mission au Ghana via SAKADO

A mon arrivée à Accra, un chauffeur nommé Fufu, guide free-lance travaillant pour Jolinaiko, m’a accueilli. Après avoir rencontré mes deux futurs responsables, Cindy et Apollo j’ai pu m’installer dans « ma » chambre. Comme convenu, une chambre simple m’attendait dans une maison à 5 mn de marche de l’office. Le lendemain, Fufu m’a accompagné à travers la ville pour m’introduire, un minimum, à la capitale (musée Kuma Nkrumah, black star monument, parc de l’indépendance, ambassade française pour signaler mon arrivée sur le territoire, banque pour échanger monnaie). Puis retour à l’office. Cindy et Apollo me propose de découvrir Astiekpoe, un village où ils ont construit le « Cashew Lodge » voici quelques années et qui regroupe leur vision de l’écotourisme : participation de la communauté au développement du tourisme, reversement de profit à la communauté, gestion des fonds par un « chairman » qui les réinvestit dans des projets touchant toute la communauté (toilettes, écoles, association de fermiers, de pécheurs...).

J’ai eu l’occasion de découvrir dans un premier temps Astiekpoe, une des destinations que Jolinaiko promeut. Astiekpoe se trouve à 2h d’accra (tout dépend des Trotro : transport public-privé locaux). En arrivant j’ai été introduit tout d’abord à l’équipe qui gère la Guesthouse (une cuisinière, un guide-manager de Jolinaiko affecté à Astiekpoe pour assurer la maintenance et l’accueil des touristes). Par la suite j’ai pu, lors d’une visite du village rencontrer les habitants, visiter le musée créer en collaboration avec une ancienne volontaire envoyé par Jolinaiko, faire la rencontre d’un stagiaire prénommé Ruben (étudie en hollande mais vit habituellement en Zambie).

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Le second jour de mon séjour, le guide Isaac, me propose de l’accompagner à un enterrement, situé dans un village à proximité d’Astiekpoe. N’ayant jamais eu l’occasion de découvrir les coutumes et traditions concernant la cérémonie d’enterrement je décide donc de l’accompagner. Une fois arrivée, c’est une foule de 200 personnes réunies sous l’ombre des manguiers. L’enterrement est celui d’un jeune homme de 30 ans, décédé il y a plusieurs mois. La tradition veut que chaque personne proche du défunt puisse avoir l’opportunité de le voir une dernière fois avant de l’enterrer. La cérémonie se divise en deux lieux. Le premier est une tente construite à base de feuille de bananier et de palmier qui abrite des dizaines de personnes et un groupe de musique traditionnel. Les effluves d’alcool m’indiquent rapidement que la cérémonie a commencé depuis un certain temps déjà. Les femmes dansent sur la piste composée de tapis de paille et parsemé de verres d’Akpetesi (le gin local), le breuvage traditionnel. La foule est réunie sous les arbres du village où boisson, plats et alcool locaux sont vendus afin d’aider la famille à financer la cérémonie. Après quelques heures, les esprits s’échauffent et nous décidons donc de faire nos adieux à la famille et rejoindre Astiekpoe pour une dernière nuit.

Le lendemain, avant mon départ, un des guide local me propose un tour du village et du musée. Il m’explique d’abord que le village est organisé en groupe de famille. Chaque parcelle regroupe plusieurs maisons regroupant la même famille. Les jeunes hommes du village construisent eux même leurs maisons. A la fin de leur puberté (environs 18ans), leur famille leur offre une parcelle de terre où ils construiront leur future maison. Ainsi, aidé de leurs amis et homme de leur famille, les jeunes hommes font leur premier pas dans la vie.

Le guide m’explique qu’au Ghana, lorsque l’on se présente dans un village, quelle que soit la raison, la coutume veut que l’étranger rencontre le chef du village ainsi que les anciens pour s’introduire et faire preuve de respect. Un élément important qui me servira au cours de mes prochaines visites de villages à travers le Ghana. Après avoir visité le musée, nous repartons en direction d’Accra.

Ines en mission au Ghana via SAKADOInes en mission au Ghana via SAKADO
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Arrivée à Accra, j’ai passé plusieurs jours à me renseigner sur les activités des concurrents de Jolinaiko, les activités qu’ils proposent au Ghana, leurs prix, puis sur la région Volta, le Ghana en général (culture, nourriture), enfin après avoir récolté toutes ces informations j’ai établi une liste de questions et une autre d’idées potentielles à présenter à Cindy et Apollo avant mon départ pour Liati Wote. Liati Wote est un village situé dans la région Volta à une heure de route de Hohoe et au pied du mont Afadjato (le plus haut mont du Ghana) ainsi que de la cascade Tagbo. Se trouvant au centre de nombreuses sites naturels d’intérêt, Jolinaiko souhaite y implanter une Guesthouse et y développer des activités afin d’offrir aux touristes la possibilité de rester d’avantage dans le village. Les idées m’étant apparues pertinentes étaient :

  • Créer un cours de cuisine, un cours de couture et un cours de tressage (des feuilles de palmier)
  • Trouver quelques villages dans les alentours (grâce à quelques cartes et aux guides de Jolinaiko j’ai pu collecter quelques noms avant de partir) pour créer des circuits de randonnées (bivouac, vélos, journée randonnée)
  • Visite de fermes, de marchés locaux (pour acheter ingrédients cours de cuisine et coutures et ainsi favoriser circuit court et économie locale).
  • Visite d’une distillerie de vin de palme
  • Des cours de danse et de musique ainsi qu’un spectacle

Accompagnée d’Isaac, Agoro (le chauffeur), Ruben (le volontaire) et Mark (un nouveau volontaire hollandais de 16 ans), nous voici parti pour Liati Wote. En arrivant nous serons accueillis par plusieurs personnalités de la communauté à commencer par Fidelis, le chairman de l’office de tourisme ; Cornelius : le trésorier et Kofi Frederick : le manager de l’office de tourisme et des guides touristiques. Le lendemain de notre arrivée, nous découvrirons le Mont Afadjato, après 2 heures de dure escalade à travers le plus haut mont du Ghana (968m) puis nous rejoindrons la fameuse cascade Tagbo. Le troisième jour, nous visitons les alentours de Liati Wote : Tafi Atome (sanctuaire des singes), Tafi Abuife (le village du Kente). Sur le chemin, je note les noms et distances des nombreux villages qui séparent Liati Wote et Tafi Atome-Abuife afin de créer par la suite, une carte touristique des environs.

Ines en mission au Ghana via SAKADOInes en mission au Ghana via SAKADO
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Le lendemain mes compagnons de route me quitte et me voici seule au sein de ce charmant mais encore inconnu village. Kofi me propose de déménager chez Susie, un ancien médecin, sœur du chef de Liati Wote qui se propose de m’accueillir pour la durée de mon séjour. L’idée est d’autant plus intéressante qu’elle habite une charmante maison équipée de ventilateurs, jardin taillé, eau courante, moustiquaire aux fenêtres et habite au pied de la montagne un peu extrapolée du village. Ces détails sont importants car ils traduisent ce qu’il manquait à la Guesthouse : Moustiquaire, propreté, eau courante, ventilateur dans chaque chambre, décoration accueillante, jardin entretenue, services disponibles. J’apprendrai par la suite, que ce manque d’entretien est d’autant plus déplorable que les fonds touchés par le tourisme et la disponibilité des 10 guides touristiques travaillant pour l’office de tourisme permettraient à la Guesthouse d’être rapidement améliorée.

Le lendemain, le trésorier de l’office de tourisme et le manager me propose de me rencontrer en fin de semaine afin d’aborder les différents problèmes, tâches que je dois réaliser et m’introduire à l’organisation de l’office de tourisme.

Ainsi après une semaine je rencontre enfin le trésorier : Cornélius et le manager : Fidelis.

D’autres personnes de l’office de tourisme étaient aussi conviées mais cumulant plusieurs emplois (agriculteur, chauffeur de mototaxi, femme au foyer...) ils leur fut durs de me consacrer un peu de temps. Quelques jours avant ce meeting, j’ai désiré rencontrer à tour de rôle Kofi et Pat, respectivement le manager de l’office de tourisme et la secrétaire ; Cornélius et Fidélis afin que chacun me confient les problèmes que l’office de tourisme rencontre, leur projets futurs, les solutions qu’ils envisagent....

Ainsi durant une semaine, j’ai tenté de trouver des solutions pouvant répondre à certains de ces problèmes. N’ayant pas encore d’idée fixe sur l’organisation de la communauté, les opportunités pouvant répondre à certains problèmes rencontrés par l’office de tourisme... j’ai réalisé une liste de questions concernant l’office de tourisme ainsi que certaines concernant mes missions pour Jolinaiko et SAKADO. Une fois terminée, j’ai tenté de trouver une personne disponible et pouvant répondre à chacune de ces questions. Cette personne fût Israël, un des plus ancien guides de l’office de tourisme (25ans). A la fin de la journée, la plupart des questions avaient trouvé chaussure à leur pied parmi les réponses d’Israël. Cependant j’apprendrai très vite que l’organisation ancestrale d’une communauté ghanéenne veut qu’une question soit répondue non pas par une personne mais bien par l’entière communauté avec l’approbation finale des anciens et du chef.

Durant cette réunion j’ai ainsi présenté les diverses solutions que je pensais être faisables et bénéfiques aux problèmes rencontrés (créer un fonds pour les projets futurs en gardant 2 cédis sur chacune des places vendus, créer des souvenirs dont les fonds seront aussi utilisés à la réalisation de projets, tel que la construction de nouveaux ponts sur les chemins menant à la cascade.) ainsi que les idées concernant l’amélioration de l’activité touristique au sein de Liati Wote (création de cours de cuisine, de couture, nouveaux itinéraires des alentours, cartes touristiques de la région...).

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La réponse fut unanime : C’est très bien ! Surtout lorsque je leur ai présenté les chiffres des revenus qu’ils pourraient obtenir grâce au système de fond à projet (cf. tableau « Nombre de touristes Liati Wote). En moyenne ils pourraient percevoir un montant de 7000 cedi (2800€) par an en gardant seulement 1cedi (25cts €) sur chacune des places, et sans inclure les revenus possibles ne y ajoutant la vente de souvenirs/carte postale.

Les idées :

  • les brochures de chacune des nouvelles activités que je leur ai proposées (cours de cuisine, de couture, nouveaux itinéraires..). Ainsi j’ai tenté de rencontrer les futurs professeurs potentiels et intervenants pour la réalisation des cours ainsi que trouver le matériel nécessaire.
  • Commander des portes feuilles à une couturière en achetant moi-même le tissu et lui précisant le design (puis débourser 15€ pour la réalisation finale)
  • Réalisation de modèle de carte postale (la cascade de Tagbo)
  • Rencontre des responsables et des lieux d’intérêts des alentours (Liati Soba, Leklebi Agbesien...)
  • Réalisation d’un tableau Excel afin de calculer les moyennes en termes de revenus, de touristes afin de connaitre les saisons hautes, les types de touristes principaux (ghanéens ou étrangers) et leur saison (cf. tableau « Nombre de touriste à Liati Wote).
  • Photographies des lieux d’intérêts afin de constituer une photothèque pouvant être utilisée dans leurs futurs projets.
  • Faire un devis concernant le prix d’un pont solide (ciment) auprès d’un des maçons francophone de Liati Wote.

Il est vrai qu’il est toujours difficile de s’intégrer dans un groupe de personnes que l’on ne connait pas lors d’un séjour, qui plus est lorsqu’il s’agit d’un stage dans un village où le ne comprend ni la langue locale ni les uses et coutumes, les risques d’incompréhension sont donc décuplés. La dernière difficulté fût de trouver des aides dans mes recherches et dans la mise en place d’actions. En effet, Liati Wote étant une destination basé sur l’écotourisme, l’économie n’est pas basée sur le tourisme mais sur des activités telles que l’agriculture, la couture. Vous vous retrouvez donc souvent face à des employés de l’office de tourisme qui doivent aussi gérer une ou plusieurs autres activités professionnelles. Un point très positif pour la survie et le développement de l’économie locale mais difficile à gérer pour une stagiaire...

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Mais après quelques semaines, les lieux me sont plus familiers, les échanges avec mes responsables à Accra se font plus réguliers et ainsi les choses se mettent progressivement en place. Les circuits sont construits et près à être présenté à mes responsables, les brochures sont terminées, les portes monnaies installées dans l’office de tourisme... Les idées prennent enfin forme. Avant mon départ, je réunis toutes les informations ou petits travaux que j’avais cumulé tout le long de mon séjour à Liati Wote et les réunis sur une clé USB que j’offrais à Kofi (le manager de l’office de tourisme). Enfin mes deux responsables vinrent me chercher et organisèrent une réunion avec les représentants du tourisme de Liati Wote afin de faire un point sur la situation actuelle, sur ma participation, sur les projets futurs (tel que le rachat de la guesthouse par Appolo et Cindy...).

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Après un mois à Liati Wote je repars à Accra où je passerai la fin de mon séjour. En effet mes responsables m’attendent afin de faire le point sur mon expérience à Liati Wote et le déroulement de mes missions. Dès les premiers jours on se met au travail en compagnie de Gelwin. Un étudiant hollandais en tourisme, stagiaire pour Jolinaiko tout comme moi, et qui par la suite deviendra mon colocataire.

Je passerai donc mes 3 dernières semaines au Ghana à finaliser les travaux entamer à Liati Wote, à créer des brochures pour Jolinaiko, tester des nouveaux itinéraires, réaliser des recherches sur plusieurs sites afin de créer de fiches d’information et d’enrichir le site internet, visiter Accra et ses alentours, profiter de la merveilleuse côte Ghanéenne parsemée de châteaux (pour certains classé à L’UNESCO).

Cette expérience culturelle, humaine, professionnelle renforce ses compétences, son ouverture d’esprit et son acclimatation. Certes les effets ne se sentent pas sur le moment. C’est d’avantages quelques semaines, voire quelques mois après son retour que l’on réalise la richesse d’une pareille expérience.

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